PRÉSENTATION

Localisée sur le canton de Modane, est constituée de cinq forts :

  • Fort Marie-Christine
  • Fort Charles-Albert
  • Fort Charles-Félix
  • Fort Victor-Emmanuel

 

 

L’histoire :

La chaîne des forts de l’Esseillon fut édifiée par le royaume de Piémont-Sardaigne à l’issue des guerres napoléoniennes, vers le premier quart du XIX ème siècle.
Après la défaite de Napoléon à Waterloo, les États coalisés et en particulier l’Autriche, n’avaient qu’une idée : éviter que les français envahissent de nouveau l’Europe. Pour ce faire, le Prince de Metternich imposa la création d’Etats tampons destiner à protéger l’Europe continentale d’une éventuelle attaque française : La Bavière, au Nord, la Suisse au centre et le royaume de Piémont Sardaigne au Sud, verrouillaient le passage.

Au début du XIXème siècle, la construction d’une série d’ouvrages défensifs sur le site de l’Esseillon, destinés à fortifier la frontière alpine du royaume de Sardaigne contre la France, fut décidée. L’ensemble composé de quatre forts et d’une redoute, fut édifié par des entrepreneurs piémontais de 1819 à 1834 entre les villages d’Avrieux et d’Aussois. Chaque ouvrage fut baptisé du nom de l’un des membres de la famille royale de Savoie : Marie-Thérèse, Victor-Emmanuel, Charles-Félix, Marie-Christine et Charles-Albert.

1860 marque la fin de la barrière qui, symboliquement, sera détruite en partie. En effet, le soutien apporté par Napoléon III lors de la guerre austro-piémontaise de 1848 aux Sardes, lui vaudra d’annexer la Savoie à la France ; la barrière devenant dorénavant dangereuse pour l’Italie.
Charles-Félix fut démantelé tandis que les autres éléments de l’ensemble fortifié sont précieusement conservés par l’armée française.
Mal adaptés a l’évolution du temps et des hommes, les forts furent progressivement abandonnés, puis pillés, jusqu’à leur cession récente aux collectivités locales et leurs classement au titre des Monuments Historiques.







L’architecture :

Ces fortifications sont les applications du système dit de Montalembert, dont les théories connurent en Europe centrale un grand succès au XIXème siècle. Contrairement aux  théories de Vauban, basées sur un système de défense reposant sur la mise en  œuvre d’un ensemble de fortifications rasantes, composées de courtines flanquées de bastions avec une artillerie horizontale, celles de Montalembert préconisent :

• L’abandon des tracés bastionnés au profit d’ouvrages polygonaux simples, dont les courtines sont perpendiculaires aux lignes de tir ;

• La constitution d’ensemble fortifiés composés d’ouvrages autonomes, se protégeant les uns les autres ;


• La concentration des feux dans un espace réduit, facile à défendre, où les batteries se superposent sur plusieurs niveaux et autorisent une puissance de feu toujours supérieure à l’attaquant ;

• La protection de pièces d’artillerie par des casemates voûtées aux murs très épais.

Ces idées ont été peu appliquées en France. Un des exemples aujourd’hui le plus connu est le fort Boyard, situé au large de la Rochelle, et dont la notoriété a été assurée par un jeu télévisé.

 

Le site :

La barrière rocheuse de l’Esseillon constituait un rempart naturel, assurant un contrôle pratiquement total des voies d’accès au Mont-Cenis vers l’Italie. Dominant la vallée de la Maurienne et le village d’Avrieux, l’ensemble fortifié verrouillait l’ancienne route médiévale passant par Avrieux et Aussois ainsi que la route principale, aujourd’hui route départementale 1006.

Depuis 1978, les communes propriétaires ont entrepris, avec l’aide du Ministère de la Culture, du Conseil Général de la Savoie, de la Région Rhône-Alpes et du réseau Sentinelles des Alpes, toute une série d’interventions qui ont eu pour effet de rendre vie à cet ensemble. Le fort Marie-Christine, restauré est devenu une des "portes" du Parc national de la Vanoise, avec un centre d’hébergement et de restauration très fréquenté depuis son ouverture en 1987. Un sentier balisé, très prisé par les randonneurs, traverse la chaîne des forts, de la redoute Marie-Thérèse au fort Marie-Christine ; l’aménagement de via ferrata entre le pont du Diable et le fort Victor-Emmanuel attire une clientèle sportive chaque année plus nombreuse. L’offre est aujourd’hui complétée avec l’installation d’un Parc aventure aux abords de la Redoute Marie-Thérèse.

 

Un fort se situe sur la commune d’Avrieux :
La Redoute Marie-Thérèse

 

 

La situation :



La Redoute Marie-Thérèse située à l’extrémité basse du dispositif fortifié, fut le premier ouvrage terminé : sa construction s’acheva en 1825, alors que les autres forts étaient en chantier. Le rôle de la Redoute consistait à contrôler la route du Mont-Cenis – séparée de la barrière rocheuse et des autres forts par les gorges de l’Arc – à l’endroit où celle-ci forme une boucle et traverse le torrent du Nant. Malgré ses dimensions modestes et sa simplicité géométrique, la Redoute est un ouvrage complexe, conçu pour fonctionner de façon pratiquement indépendante : il n’est en effet relié au fort Victor-Emmanuel, que par un pont appelé  “ pont du diable ”, malaisé d’accès et par un monte charge de service franchissant les gorges. La garnison de la Redoute devait donc, en cas de siège, se suffire à elle-même, tout en assurant le verrouillage du fond de la vallée. 

 

 

L’architecture :

L'édifice, dégagé par un large glacis du côté de la route, est construit en forme de fer à cheval, un peu à la manière d’une tour d’enceinte médiévale ouverte à la gorge. La partie convexe du bâtiment, qui n’était percée à l’origine que de meurtrières très serrées et de bouches à feu, couvre la route et le virage du pont du Nant suivant un angle de 180°. L’entrée, dont le flanquement est assuré par l’allongement du bras occidental du fer à cheval, était placé du côté nord, immédiatement sous les feux de Victor-Emmanuel : l’accès à la Redoute s’effectue par un pont dormant en bois – facilement destructible en cas de besoin– suivi d’un pont-levis. Le bâtiment, qui s’enroule autour d’une étroite cour centrale, comporte trois niveaux, dont deux à l’épreuve de la bombe :

Le rez-de-chaussée, formé de casemates juxtaposées voûtées en berceau, étaient réservées au stockage des munitions, des provisions et au cantonnement de la garnison (jusqu’à deux cent hommes) ;

• Le premier étage, voûté d’arêtes, percé de bouche à feu, était réservé aux pièces d’artillerie.

Les combles, comme les forts voisins, sont en fait conçus comme une terrasse accessible recouverte d’un blindage de terre et protégée par une toiture, cette dernière ne constituant qu’un “ parapluie ” assurant la mise hors d’eau de l’ensemble en temps de paix. En cas d’attaque, la toiture démontée ou détruite par le feu de l’assaillant, pouvait rapidement disparaître, pour laisser place aux mortiers ou à l’artillerie légère installée sur la terrasse : l’évacuation des eaux pluviales s’effectuait alors par un système de drainage installé sous le blindage de terre et relié à une série de gargouilles, elles-mêmes doublées de barbacanes trop-plein. 





Le CIPF :

 




La genèse du projet


La question de la réutilisation des forts est souvent problématique. Une architecture complexe, un passé militaire, un environnement montagnard hostile rendent la réflexion difficile. Quel avenir s’ils n’acquièrent pas un statut patrimonial ?

En 1977, la commune d’Avrieux achète à l’armée cette redoute et la sauvegarde grâce à l’intervention de chantiers de bénévoles REMPART. Commence ensuite une longue réflexion autour de sa reconversion. Mais devant l’ampleur des réalisations et des budgets nécessaires, aucun projet ne se concrétise. Aucun, sauf celui qui a vu le jour cet été : le CIPF. Dès 2001, le Conseil Régional et la FACIM engagent une étude dans cette optique dans le cadre du contrat global de développement de la Maurienne. En parallèle, un projet de centre d’hébergement du Club Alpin Français est envisagé, puis abandonné pour des raisons économiques et architecturales. Restait donc à concrétiser l’implantation d’un CIPF.

La décennie 90 a été riche en réalisations qui ont donné au site son visage et son dynamisme actuel : réunification des rives droite et gauche de l’Arc par la nouvelle passerelle du Pont du Diable, aménagement de via ferrata, création de sentiers thématiques… Et cette année, une étape importante : l’ouverture simultanée d’un parc aventure (le Parc du Diable) et du CIPF. Le site possède maintenant tous les atouts pour impulser une dynamique au développement culturel, touristique, sportif et économique local.

 

 

 

Le CIPF

Le CIPF a ouvert ses portes le 4 juillet 2007 et a été inauguré officiellement le 6 octobre en présence de Jean-Pierre Vial, Président du Conseil Général, accompagné de nombreuses autorités savoyardes et de SAR le prince Serge de Yougoslavie, invité d’honneur.

L’objectif de ce Centre ouvert au grand public est la vulgarisation de l’histoire de l’art de la fortification, de son adaptation à la montagne et la découverte d’une histoire originale, complexe et méconnue de la frontière alpine dans sa dimension européenne. C’est dans cet esprit qu’a été conçu l’espace muséographique permanent bilingue (français-italien). Ce projet incitera à une réflexion citoyenne sur le sens de l’Histoire, dans le cadre de la construction de la Communauté européenne conciliant devoir de mémoire, ouverture d’esprit et démocratie.

 

 

 


Un partenariat actif entre l’Europe, l’Etat, le Conseil Régional, le Conseil Général et la commune a rendu possible le projet. Coût total de l’opération : 2,7 millions d’euros, dont plus de la moitié en autofinancement.

Le CIPF est un lieu vivant qui s’attache à rendre la thématique accessible et attrayante. La valorisation de ce patrimoine a été confiée à Mme Véran Héry, architecte du patrimoine, pour la maîtrise d’œuvre architecturale et au cabinet Médiéval pour la maîtrise d’œuvre muséographique. Dès l’extérieur, un parcours s’appuyant sur une signalétique d’interprétation faite de pupitres permet une première approche ludique du site. Cette structure légère respectueuse de l’environnement s’intègre parfaitement au paysage.

Les aménagements intérieurs restituent au visiteur la logique de ce site monumental et historique. Trois casemates du rez-de-chaussée ont été aménagées. La première, traduit la complexité des notions de frontière et de fortifications au moyen d’une maquette interactive des Alpes au 1/135 000, complétée par des projections murales. La deuxième, présente plus en détails le site de l’Esseillon et montre la cohérence de ce réseau de fortifications grâce à une maquette au 1/1 000 du site. Enfin, une évocation de la vie quotidienne des soldats dans la redoute est proposée, appuyée par des témoignages sonores et par une maquette au 1/100 avec écorchés du fort. La visite se poursuit par la caponnière, la galerie de contrescarpe puis par le souterrain menant au corps de garde, de l’autre côté de la Route Départementale 1006.

Dans ces trois salles, des panneaux rétroéclairés (en annexes) conçus en collaboration avec la Conservation Départementale du Patrimoine et la Mission Développement Prospective complètent l’équipement. La commune s’est également appuyée sur la documentation collectée par l’historien André Dupouy. L’offre est enrichie par des espaces polyvalents pouvant accueillir expositions, ateliers pédagogiques ou conférences, et équipés d’un mobilier rappelant l’architecture et l’esprit du site. Cet aménagement n’est qu’une première étape dans le développement de la redoute. D’autres projets viendront prochainement enrichir les installations.




 

Information Festival - Maison Cantonale de Modane
Tél : 04 79 05 26 67 ou 04 79 05 28 58 - info@esseillon-en-scene.com